Prochaines dates 

30 NOVEMBRE 2019

7 MARS 2020

9 MAI 2020

SAMEDI 

14H - 15H30

à partir de 6 ans

15€

Inscription : 06 83 35 06 03

Téléchargez la fiche d'inscription : rubrique "ateliers"

 Conte-yoga kamishibaï 

Prise de conscience de l'harmonie en soi et avec les autres (voir rubrique "philosophie : les 8 outils du yoga") à travers des contes interactifs sous forme de théâtre d'images



Kamishibaï : « Kami (papier) shibaï (théâtre) » - Butaï « castelet ou théâtre de bois »


Petite histoire du kamishibaï : Autrefois au XIIème siècle, les moines bouddhistes utilisaient des emaki (rouleaux de dessins) pour transmettre des histoires aux gens illettrés. Ce n’est qu’en 1923 qu’apparaît le 1er kamishibaï pour enfant intitulé la Chauve-souris d’or. Dans les années 1950, les kamishibaï connaissent un grand succès. Près de 50 000 conteurs se produisent alors dans tout le Japon. Les conteurs emmenaient alors leur kamishibaï dans la rue pour créer des animations.
Dans les années 50, il était si populaire que la télévision a été initialement dénommée "kamishibaï électrique". Mais, avec l'enrichissement du Japon et les encombrements de la vie moderne, l’arrivée de la télévision entraîna la disparition des conteurs. C’est alors que l’Instruction Publique Japonaise s’intéressa à l’aspect pédagogique de cette technique, utilisée dans un premier temps pour l’apprentissage de la lecture. Actuellement, au Japon, chaque classe enfantine est équipée de cet outil. Depuis les années 1970, le kamishibaï s'est fait connaître un peu partout dans le monde. En France, cette forme de narration a notamment été reprise par des enseignants dans le cadre de la pédagogie Freinet… Le kamishibaï est un outil pluridisciplinaire qui offre la possibilité de travailler dans de multiples directions : les sens, à travers l’écoute, le visuel, l’imaginaire, la lecture de l’image sont ainsi sollicités. Le butaï focalise l'attention des auditeurs sur l'illustration. Il sépare d'une manière nette et précise le monde réel qui nous entoure et celui de la fiction. L’histoire qui va être contée est contenue dans une série planches illustrées (kamishibaï) dont chacune représente une séquence. La première image apparaît au centre du théâtre tandis que le texte, imprimé en décalage, se trouve au verso de la planche précédente. Le récitant fait défiler les planches qui s’intègrent les unes aux autres en fondue enchainée à la façon d’une BD.


Pourquoi conter des histoires aux enfants au sein d’une séance de yoga ?

Conter une histoire, ce n’est pas seulement lire un livre à un enfant. Notre intériorité, cette dimension mythique qui nous définit comme humain, les émotions, les fonctions intuitives de l’esprit ont été oubliées au détriment de la pensée logique et rationnelle qui se concentre sur le monde extérieur. La connexion sur le monde intérieur, sur l’imagination qui émane de notre centre, est essentielle pour encourager une pensée critique originale et personnelle. Pendant le conte, les images s’imprègnent dans le corps, laissant le monde extérieur de côté pendant ce précieux moment de magie (pratyahara : le retrait des sens). Les images sont des symboles, et dans les histoires, les enfants apprennent à faire le lien entre les mots et les images, cela les prépare à continuer d’apprendre d’autres langages symboliques tels que la lecture, l’écriture, les mathématiques, la musique, les arts, l’informatique, etc. Par ailleurs, c’est la capacité de penser en métaphore qui donne aux enfants l’habileté d’énoncer les émotions et les idées qui proviennent de leur propre intériorité, de partager des informations sur eux-mêmes et même, sur des vérités spirituelles. LE CONTE YOGA Après une période de grande concentration et d’attention (dharana) provenant de l’écoute profonde requise lors de l’énoncé du conte, les enfants apprennent la structure de l’histoire à travers le jeu de rôle où le groupe acte l’histoire en postures de yoga ou d’autres mouvements. « Qui est le personnage principal ? Que se passe-t-il ensuite ? Comment se termine l’histoire ? » Écouter, créer des images originales dans leur tête, répondre aux questions et personnifier les éléments de l’histoire en posture de yoga demande aux enfants de participer dans une bien plus grande mesure que lorsqu’on leur demande simplement d’obéir aux instructions. Cette participation consciente et l’appropriation de l’histoire en méditation, postures de yoga, respiration et relaxation, offre aux enfants une meilleure compréhension et leur permet d’exprimer plus facilement leur esprit critique sur l’histoire et la thématique. Cela va très certainement susciter chez les enfants le goût d’écrire leurs propres idées et le désir de dévaliser les rayons de la bibliothèque pour découvrir de nouvelles histoires par eux-mêmes. Quand les enfants regardent un film, ils jouent « au film » et se déguise en les personnages, recréant (re-création) et incarnant l’histoire à leur mesure. Il est impératif de connecter les mots et les images au corps, pour stimuler la connexion corps-esprit et surtout, la santé. Avec le yoga, nous présentons la notion de rituel aux enfants dans le jeu d’acteur du mythe, pour recréer l’histoire. Maintenant plus que jamais dans notre histoire, nous avons besoin des mythes, des histoires, des contes de fées, pour se connecter à notre corps, au moment présent, à notre intériorité
oubliée au profit du consumérisme, de notre société aliénée par ce qui se passe à l’extérieur de soi et des apparences. Les contes et le yoga nous connectent à notre corps et à l’environnement (physique, physiologique, psychique et spirituel), car la respiration nous porte à focaliser sur les sensations et les fonctions du corps, ici et maintenant. Le yoga améliore l’équilibre et l’alignement musculo-squelettique, tout en calmant le système nerveux. L’activité physique procure aux enfants l’énergie et la joie de leur corps qui bouge autant que le calme et le délicieux sentiment d’être en mouvement dans le monde. Tout ceci, l’histoire qui connecte l’esprit au corps avec les postures de yoga, le corps et l’esprit qui s’unissent à l’environnement, c’est où le yoga prend réellement place - l’union. Il y a plus, une histoire contée suspend le temps et l’espace, un enfant qui l’écoute entre dans une zone d’éternité qui transcende l’expérience du yoga en soi. Les contes pour enfants et le yoga rendent les enfants paisibles, pas seulement à cause des effets calmants du yoga, mais aussi d’un point de vue moral. Les enfants qui ont une riche imagination et qui entendent des histoires se retrouvent avec des guides et des solutions pour faire face aux défis de la vie, ils peuvent ainsi faire des choix éthiques, devenir des êtres empreints de compassion. Entendre une histoire comme le Petit chaperon rouge enseigne aux enfants de savoir se tenir prêts pour les dangers et les périls qui peuvent survenir lorsque l’on ne suit pas les consignes. Cela les amène par procuration à voir l’odyssée héroïque de la vie comme un trajet qu’ils n’auront pas à traverser seuls, en apprenant que différents résultats peuvent advenir de différentes situations, comme une anticipation des possibilités de la vraie vie. Les enfants qui possèdent une imagination riche sont aussi moins violents, car ils sont en mesure d’imaginer différentes conclusions aux situations conflictuelles. Les histoires qui présentent une morale offrent aux enfants des outils pour faire de meilleurs choix en ce qui a trait à l’intimidation et leur responsabilité personnelle en société. Tout ceci provient de la capacité et de l’habileté à faire une introspection sur une base régulière. L’introspection est svadyaya, un des niyamas qui compose les huit branches du yoga de Patañjali. Avec la méditation et les postures de yoga, l’esprit peut se poser sur le corps dans une introspection en pleine conscience. L’introspection est réalisée en devenant un témoin observateur, comme une troisième personne qui observe à travers une loupe l’histoire de notre propre vie, mais transposée dans les histoires et les contes de fées. Nous sommes identiques au héros dans ses hauts et ses bas. L’introspection nous rend également curieux à propos de notre esprit et de nos actions. La narration à la troisième personne permet aussi aux enfants d’entrer dans une perspective méditative d’auto-observation en s’identifiant aux personnages et à l’histoire, ils ressentent dans différentes parties de leur corps les émotions et les événements qui peuplent la vie. Jouer les différents rôles et événements des histoires sous forme de posture de yoga demande aux enfants d’être présents dans leur corps et imprègne profondément les messages transmis par le conte dans tout leur être, par l’accent mis sur les comportements et les mises au point qui sont faites. Cela amène la conscience dans le
corps et invite les enfants à se questionner. Quelle nourriture offrons-nous à notre corps ? Quelle est notre relation à l’environnement et quel est le résultat de nos actions ? Que de choses dont les enfants ont besoin ! Nos enfants, tout comme nous, souffrent de la déconnexion du corps et de l’esprit. Le stress et la pression tirent les enfants hors de leur corps, ils en perdent leur connexion à leur centre et deviennent inconfortables dans leur vaisseau de chair (barque à âme = scaphandre). Dans ce monde moderne où tout ce que les enfants reçoivent provient de l’extérieur - de l’éducation souvent unidirectionnelle du professeur devant la classe, à la télévision, aux jeux vidéo, l’imagerie artistique présentée par la voix des conteurs ancre quant à elle les enfants dans leur corps, de l’intérieur vers l’extérieur. Un cours de yoga pour enfant est une forme de prestation en direct. C’est un rituel dans lequel un guide connecte directement avec les enfants à travers une histoire transmise oralement. Conter une histoire nous connecte au niveau humain, l’énergie d’une histoire contée de manière vivante, contrairement à un livre ou un vidéo, est immédiate et directe, créant une relation puissante entre le conteur et l’auditoire. C’est cette relation parent/enfant ou professeur/enfant qui met en place la fondation solide d’une éducation centrée sur la guérison, dans le respect de l’enfant intérieur de l’adulte autant que celui de l’enfant. Le monde a besoin de plus de conteurs, de pacificateur et d’éveilleurs ayant à coeur la croissance de notre atout le plus précieux, nos enfants. C’est là où nous avons le plus de pouvoir pour effectivement changer et améliorer le monde. Cela débute avec nos enfants, nos familles, nos propres coeurs, en gardant bien vivants les contes qui ont marqué les âges et en créant de nouvelles allégories qui peignent un portrait de notre époque. D’après un article de Sydney Solis